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Résidence de Lucie Albrecht - BD

Résidence de Lucie Albrecht à Saulx les Chartreux

En partenariat avec la Médiathèque Jean de la Bruyère de Saulx les Chartreux, nous accueillons Lucie Albrecht, autrice de bande dessinée, en résidence de janvier à juillet 2021. Elle travaillera à l’élaboration d’un nouvel album : Sylvain. Sa recherche portera sur la notion du corps : le corps féminin, le corps médical, le corps en transition, le corps malade, le corps social, comment habiter son corps àl’heure des corps confinés...
Ouvrez l’œil, elle sera régulièrement présente à Saulx les Chartreux pour proposer des ateliers divers à destination des habitant·e·s, des élèves du Collège Pablo Pipcasso, des usager·e·s de la médiathèque.
Au programme : groupes de lecture, ateliers d’écriture, de dessin, masterclass, rencontres-débats.

Les conseils du mercredi
Tous les mercredis, retrouvez des recommandations culturelles de Lucie Albrecht, en lien avec la thématique de sa résidence.

Mercredi 27 janvier // Recommandation #1

À quoi on pense à 17 ans ? Qu’est ce que c’est que d’être une fille mais pas encore une femme ? Qu’est-ce qu’il est normal de faire ou de ne pas faire ? Qu’est-ce que la société attend de toi ?

L’adolescence est une période complexe où l’on cherche à trouver sa place. La limite entre le trop et le pas assez est souvent floue. On veut se faire remarquer mais appartenir à un groupe, on veut être indépendante mais quand même proche de sa mère, on ne veut pas passer pour une prude mais pas être la salope du lycée.

L’internat plonge les filles dans un monde sans adulte, qui mêle intimité et promiscuité. Un lieu où elles se font leur propre éducation.

Priscilla est un personnage ambivalent à l’image de cette adolescence.
Quand elle change de lycée, c’est le moment pour elle de tout recommencer. C’est l’occasion de ne plus être la victime, quitte à en trouver une autre...

Doit-on devenir harceleur pour en plus être harcelé ?

J’espère que ce livre parlera aux adolescent(e)s d’hier et d’aujourd’hui !

Le petit plus :
Entrez également dans l’intimité de l’internat des filles en écoutant la pièce sonore Le Couloir, d’Emmanuelle Tornero sur Arte Radio !


Mercredi 2 février // Recommandation #2
- Pucelle - Florence Dupré La Tour
bd ados/adultes

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de bande dessinée avec ce premier tome de la série Pucelle, aux éditions Dargaud.

Résumé de l’éditeur :
Depuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe... en-dessous de la ceinture. Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ». Alors... Florence imagine des scénarii terribles, parfois idiots ; Florence s’angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une position inférieure ; Florence, à sa façon, résiste pour ne pas sombrer.

Mon avis :
Florence nous parle de la sexualité avec l’image qu’on lui en a donnée dans son enfance. C’est à dire quelque chose de tabou, de sale et dont on ne doit pas parler. Cette ignorance la met dans des situations très drôles mais crée en elle des questionnements et des angoisses qui prennent de plus en plus de place. Le récit est très juste et les situations sont vraiment très drôles. Les dessins renforcent ce double sentiment qu’on a en tant que lecteur : l’envie de rire très fort et l’envie de lui faire un câlin pour la rassurer.
J’ai absolument adoré cette lecture ! C’est à mettre entre les mains des grands-parents pour déconstruire ce grand tabou de la sexualité, et entre ceux des pré-ados qui se demandent comment on fait les bébés. C’est en vérité à mettre entre toutes les mains parce que c’est vraiment génial !

Petit plus :
Cette bd a été récompensée du prix Les Inrockuptibles et était également en sélection officielle pour le Festival d’Angoulême 2021. Pucelle est une série en plusieurs tomes. (vivement la suite !)


Mercredi 10 février // Recommandation #3
- Manger l’Autre - par Ananda Devi
roman

Aujourd’hui je vous présente un roman que j’ai dévoré pendant le premier confinement. Il s’agit de Manger l’autre d’Ananda Devi.

Résumé de l’éditeur :
Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s’isole. Sa mère s’enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand Œil d’internet. Son père, convaincu qu’elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour nourrir « ses princesses ». Seule, effrayée par ce corps monstrueux, elle tente de comprendre qui elle est vraiment. Quand elle rencontre par accident l’amour et fait l’expérience d’autres plaisirs de la chair, elle semble enfin être en mesure de s’accepter. Mais le calvaire a-t-il une fin pour les êtres « différents » ?
Conte de la dévoration et roman de l’excès, Manger l’autre est une allégorie de notre société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur et de l’image conforme.
Avec force, virtuosité, et humour, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui reflète en miroir notre monde violemment intrusif et absurdement consumériste.

L’avis de Lucie :
Il n’y a meilleure lecture pour se plonger dans le thème du corps. J’ai été complètement happée par l’écriture d’Ananda Devi. C’est beau, c’est imagé et profond dans le sens. Habiter son corps, c’est dans ce récit habiter chez soi. Le monde extérieur est brutal, le monde virtuel l’est d’autant plus. Manger prend un autre sens. Chaque mot est remarquablement choisi, chaque métaphore nous bouscule un peu plus. Plus on avance dans le roman, plus l’intensité du récit nous dévore. C’est une lecture dont on se souvient, et dont j’ai hâte d’entendre vos avis !

Le petit plus :
Ananda Devi est l’autrice de 23 livres. En 2018, "Manger l’autre" reçoit le Prix Ouest-France - Étonnants Voyageurs.


Mercredi 17 février // Recommandation #4
- 3 papas - par Nando Von Arb
roman graphique

Aujourd’hui, je vais vous présenter un de mes nombreux coups de cœurs bd. Il s’agit de 3 papas, un roman graphique de Nando Von Arb paru aux éditions Misma.

Résumé de l’éditeur :
Qui ose encore dire qu’une famille se résume à un papa, une maman ?
Avec 3 PAPAS, Nando Von Arb prouve qu’il existe bien différentes formes de famille. Dans ce livre autobiographique, il raconte son enfance passée auprès d’une maman triste et de trois hommes. Trois modèles masculins qui ont compté chacun à leur manière dans le développement du jeune garçon. L’histoire est racontée à travers le regard du petit Nando dont la représentation semble tout droit sorti d’un dessin d’enfant (un bonhomme patate avec deux points pour les yeux et deux traits pour les bras). Avec ce dessin à la force primitive et cet univers allégorique très personnel , Nando Von Arb nous ouvre grand les bras de son enfance et nous touche en plein cœur !

L’avis de Lucie :
Je ne saurais comment vous dire de courir lire ce livre. Courez lire ce livre. Avec un dessin naïf et très efficace, Nando Von Arb nous présente les 3 papas qui ont accompagné son enfance. Ils sont très différents mais ont chacun une place particulière auprès de ce petit garçon. Le récit questionne la structure familiale et la construction d’un enfant qui grandit avec des modèles différents. C’est ultra touchant, on a envie de lui faire des câlins et en refermant le livre, de le partager à tous ces proches.

Le petit plus :
3 PAPAS est d’abord paru en allemand. "Drei Väter", dans son titre original, est son tout premier livre.
Il a été récompensé du prix suisse du livre jeunesse 2020 (Journées littéraires de Soleure)

Mercredi 24 février // Recommandation #5
A la maison - podcast d’éveil à l’architecture
Podcast

Ce mercredi, j’aimerais vous partager un podcast qui questionne la manière dont on habite le monde, et qui questionne la manière dont on habite chez soi.

L’avis de Lucie :
À la maison, c’est une discussion entre des copains en école d’architecture. L’architecture c’est pas votre truc ? Moi non plus. Pourtant, dans ce podcast l’architecture prend un tout autre sens. Parler d’architecture c’est questionner nos habitudes, notre mode vie, c’est regarder là où on aurait oublié de le faire, entendre ce qu’on aurait oublié d’écouter. C’est s’émerveiller devant les choses simples et habiter le monde d’une autre manière.
Écoutez-le chez vous, dans la rue, dans les transports ou en faisant la vaisselle et laissez-vous porter par les discussions de Gaël et ses invités.

Le petit plus :
Dans les épisodes, on parle de quotidien, de la ville, du bruit, de cinéma, du confinement, de la nostalgie de l’été, de musique, d’apprendre à faire une pause...

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